vendredi 28 décembre 2012

Paris New-York... à pied.

à New-York City, le tracé orthogonal des rues est tellement enraciné que les habitants de Big Apple se croisent, le plus souvent, à 90 degrés à l'angle d'une rue et d'une avenue ( autrement dit, d'une street et d'une avenue.)

Le damier new yorkais du côté de Chelsea , île de Manhattan: entre la sixième et la septième avenue.

Il y a par conséquent danger à arpenter les rues de la mégapole étasunienne, tu peux te faire éclater la tempe par un simple passant à hauteur des nombreuses intersections que comptent la ville, tout ça contredit les chiffres sécuritaires dont s’enorgueillit l'actuel maire Bloomberg, continuateur de la politique zéro tolérance de l'ancien maire sécuritaire Rudolph Giuliani.


Les tracés en camembert de Paris, du coté de la rue de Rennes et le boulevard Raspail.


L'orthogonalité est encrée dans les esprits des New-Yorkais : raideur dans la marche, indifférence aux autres, l'environnement urbain garantissant très peu d'occasions à l'oeil d'en croiser d'autres. Cependant il est parfois possible de voir exister certains esprits rebelles "à l'européenne" qui arpentent les rues de Manhattan  qui, quand ils manquant la belle affaire, souvent au détour d'un carrefour; ils se mettent à regretter ainsi la possibilité de croiser l'instant d'un regard, la jeune femme ou le bel hipster aperçu au coeur du carrefour. On les voit se retourner une dernière fois avant que l'occasion ne disparaisse à tout jamais.

orthogonalité #1

Orthogonalité #2 : les passants regardent droit devant eux

Orthogonalité #3 : à chaque intersection, une flopée d'occasions perdues.

Par contre à paris, où les tracés des rues sont le plus souvent biscornus, on a tendance à se frôler moins dangereusement, des trajectoires tangentes quasi parallèles entre les deux piétons, la possibilité est plus grande de communiquer avec autrui à la façon d'un joli travelling latéral en sus.


Biscornus #1 : les angles bizarres ralentissent les badauds et augmentent les chances.

Biscornus #2 : On fait clairement plus facilement des rencontres quand l'angle n'est pas droit.





à New-York, lorsqu'on se perd, c'est jamais pour bien longtemps. Il faut dire qu'on retrouve le chemin assez vite et ce après avoir parcouru un bloc un seul ( l'équivalent du pâté de maisons entre deux streets soit entre 200 et 300 mètres quand même. ) ; ainsi si on est, par exemple, à l'angle de la sixième avenue et de la 35e rue et si on a le projet de rallier la station de métro  la plus proche sise à la 33ème, on aurait qu'à franchir le bloc dans un axe Nord-Sud .  Il y aurait, par conséquent, une grosse probabilité ( c'est du 50/50) qu'on atteigne la 36e en ressentant quelque peu l'amère impression de s'être  fait couillonner dans les plus grandes largeurs, soit par manque de repère impérial ( les Twin Towers mais ça bon... ou bien l'Empire State building ou d'autres géants du style du Chrysler building.) Ou bien, plus probablement parce  que ce jour là, le ciel était bien bas, très nuageux même, ce qui ne permettait pas de lire avec précision la position et la course du soleil.

à Paris, les tracés en étoiles et autres bizarreries angulaires sont légion, les pâtés de maisons se présentent   ainsi en angle aigu ou en plus gros camembert (en angle obtus). Si jamais t'as le malheur de décider de prendre un raccourci ; tu pourrais te faire catapulter dans un tout autre quartier, bien loin de l'objectif initial. Le raccourci se muant ainsi en un moteur à dérive, autrement dit, tu te retrouves dans un arrondissement tout autre, un mal pour un bien pour ceux qui n'apprécient guère les voyages organisés...

jeudi 20 décembre 2012

La nouvelle Olympia




Sandra se dévoilant.


Ce jour est venu où… ils m’ont contacté pour que j’écrive un texte censé amuser ces quelques messieurs-dames d'un public - massé aux devantures - assoiffé de livres de poche bon marché : classiques du 19e pour leurs bambins inscrits dans les écoles privées de la grosse et vilaine banane, déblatérant dans un français cabotin tournant à vide. Passée, la commande : un texte, à court d'argument, on avance une liste de personnalités littéraires qui se considèrent hors-norme, décrivant, la courbe médiocre et boueuse d'un microcosme mort-né des décombres de l'été 97, notre Shoah miniature.


lundi 17 décembre 2012

Filmer sans cerveau, c'est possible !


Vu Rengaine de Rachid Djaïdani. Il fait partie de ces films qu’on aime à qualifier de météorite, phénomène, film improbable, œuvre miraculeuse, film laboratoire, aventure cinématographique, film fauché/brillant. On apprend, qu'on soit aficionado ou simple regardeur que le film a fait du bruit à la quinzaine et ce grâce à la faculté qu'a le générique de djaidani à nous livrer cette information d'importance. Bon, à priori, on peut croire que la sélection du film à la quinzaine constitue un solide argument, après on se dit, minute ? c'est pas dans cette foutue quinzaine que le dernier allouache fut servi au menu comme étant du cinéma (ce qui pourrait en étonner plus d’un, et moi le premier.)
Rachid, un homme qui a du mal à réaliser.

dimanche 9 décembre 2012

Hagrouna ya khawti !

La primauté de l'extérieur sur l'intérieur


J'avais délaissé le présent article que je pensais livrer y a plus d'un mois de ça réagissant  " à chaud " à un papier ( ou plutôt non, un attentat à la pensée)  paru dans Liberté, vous savez, l'autre grand quotidien francisant d'Alger - la banane putride. mais je ne sais pas comment, je me suis laissé aller, je vous explique, j'écris des bribes d'articles et je les entrepose dans la section brouillon du blogger en attendant de les développer, de les faire mijoter avant service, de les rendre plus lecturables quoi ! plus vendables, question de respect pour ma demi-douzaine de lecteurs par mois. ( on ne fait pas d'audimat, par ici.)

Bensmail's talking head

samedi 1 décembre 2012

Thriller, in memoriam



Ces jours ci, que ce soit sur ma page Netvibes ou en tête de gandole des articles du site des inrocks, un mot au dessus des autres : THRILLER, oui on fête le trentenaire de la sortie de l'alboum le plus vendu, l'objet manufacturé peut être parmi les plus vendus de toute l'histoire, le brahmapoutre est un fleuve impur qui charrie avec lui des alluvions de toute sorte, on a décidé de publier le texte d'un pote - avec son aimable autorisation - texte comparatiste , relevant de sa passion pour deux des sommets de la musique populaire étasunienne ala oua houa : Elvis et Michael, le texte a été écrit en hommage à Michael, un an après sa mort. Non,  ne me remerciez pas. 

Heartbreak Hotel
par Y.B

(Hôtel des cœurs brisés)



Un même titre pour deux chansons différentes au thème poético-funèbre identique, requiems aussi prémonitoires, ésotériques et tragiques que l’Ad Aeternam qui eut la peau de Mozart. Wolfie et Bambi, même combat et même défaite ? Ou même victoire ?
Voici comment ce Heartbreak Hotel janussien unifia la face bicolore de la grise Amérique contemporaine en tuant Elvis Presley et Michael Jackson, leurs auteurs-interprètes.


mardi 20 novembre 2012

De la petite histoire


Je sais pas pour vous mais moi et je l'ai dit l'aut' jour à un pote, oui mais personne n'en parle, dans tout manuel de sociologie ou bien même d'histoire, aucun de ces universitaires de pacotille bien de chez nous n'a osé en parler , y en a que pour les gros évènements, bon okay, coté préparatifs de 88, on ressort le printemps berbere en 81, mouais, mais tout le monde n'est pas kabylophone, okay, on est berbères mais on cause un sabir plutôt basé sur l'arabe et le français qui permet de... euh, lier tindouf à tablat, euh, el tarf à béni-saf, y a pas à dire le français ciment de la nation, tu parles que c'est vrai, elle est la langue administrative dominante, le langue des affaires, la langue vivante du sérail...

dimanche 18 novembre 2012

Tsahal, ces blagueurs

De sacrés farceurs

Dans les franges de la propagande classique et massifiée, t'as parfois affaire aux petites blagues mijotées par Tsahal, cette armée issue du peuple, une armée et un peuple qui n'en font qu'un quoi ! un état militariste et démocratique à l’extrême que c'est Israël, vraiment !
la preuve, cette photo que j'ai pécho dans un journal arabe, elle fait suite à la photo qui a fait le tour de la terre dans laquelle on voit cette authentique fille du peuple israélien (en toute logique interne, une militaire quoi) terrorisée apeurée par les roquettes des brigades Kassam. On la voit trembler, comme pour les besoins d'une transe hystérique. Tsahal est donc cette armée humaniste, une armée qui a peur, une armée morale car c'est une armée de gens du peuple qui peuvent donc éprouver le sentiment de peur, une armée comme on n'en fait pas. Et ce n'est pas une blague !

Des gens ordinaires, on vous dit !




mercredi 14 novembre 2012

Vous en reprendrez bien un peu de ce Bachar ?


Le Golan, l'hiver.


Bachar le Cannibale


On nous rabâche les oreilles avec les tirs de semonce de l'armée syrienne en direction du Golan. il faut lire le papelard du huff post qui semble gentiment confondre nord d’Israël et Golan : http://is.gd/k2tSIS
on va encore convoquer le droit d'ingérence, du plus bel effet humanitaire ! On va encore accuser l'armée de Bachar de tirer sur ses propres ouailles  si je comprends bien. En poursuivant la logique tordue du camp d'en face, on pose le Golan comme faisant partie intégrante de la Syrie (pour une fois qu'on se donne un peu la peine de s'aligner sur les résolutions onusiennes), vous suivez ?
Bachar, cet assassin de son propre peuple, même quand s'il s'agit du Golan, oui oui !
i sont forts quand même ceux d'en face ( je veux dire les haters de Bachar, en gros, à peu près, tout le monde libre et quelques ventripotents émirs...)
Que cessent les tirs qui terrorisent la population du Golan !
oui !
BHL, sors de ce corps !
buurp

lundi 12 novembre 2012

what's a mook ?

Lu Antoine Compagnon, un des seuls blogueurs digestes du Huffington Post : http://is.gd/ZcZuuT ( pour rappel, le huffington c'est le pure player qui monte qui monte et dont je parcours quotidiennement les pages, autrement dit je le lis souvent, car les salauds i savent attirer le pigeon. )


Me, the mook ?


Dans sa dernière livraison, il a évoqué le mot mooks ou son singulier mook, il a entamé son enquête étymologique - il est professeur de littérature comparée au Collège de France (vénérable institution de la rue des Ecoles in Paris, ou l'on peut y admirer les esprits les plus brillants en compagnie de SDF ou de mamies retraitées, vous avez compris, on y entre sans diplôme ni contrainte.) pour étayer son enquête  il convoque tour à tour la langue japonaise, Joyce, du latin et et ... un film fétiche, un superbe scorsese ( qui, comme tout le monde sait est mort en 96 aprés avoir fini de monter avec la vieille Thelma son Kasssinauw) Mean Streets, brillant diamant brut, film frais cool, une histoire de petits malfrats sans conséquence, imaginant des petites truanderies, impliqués dans des petites trahisons qui supposent des petites sommes ( même la mort n'est jamais convoquée, car elle n'a pas lieu d'exister dans cet écosystème de petits voyous, juste une blessure à l'oreille, un coup de canif dans la cuisse, des cris d'orfraie pour ceux qui se rappellent du final de l'opus signé en 1973.) 

oui parce qu'il y a une scène dans Mean Streets, une scène qui parle à nous autres Algériens ( ou en général, les maghrébins), coutumiers du fait, car on croirait entendre le fameux m. word le mot "mok" ou "mouc" "mouk" donc notre "mook", qui a pour conséquence de résonner en nous comme l'affront suprême, la plus parfaite des insultes.  Antoine Compagnon a dû s'égarer au Japon ou dans les pubs dublinois alors qu'il est évident que l'ascendance sicilienne de la plupart des protagonistes de cette affaire soit pour quelque chose ( y a qu'à voir la vidéo youtube extraite du Scorsese où le gros rital derrière le comptoir refuse de payer le fric qu'il doit à la bande de Johnny Boy et traite l'un d'eux de "mook" : " on paie pas les mooks ici". Et l'autre de répliquer : "c'est quoi un mook, tu n'as pas à me traiter de mook !") 





là ou Compagnon touche au but, c'est que mook possède un potentiel phonique naturellement grossier et indécent et ça, bien entendu, sans même savoir de quoi il retourne. Et si on a le malheur d’être Sicilien, la Sicile, faut-il le rappeler, fut traversée par des envahisseurs de toute sorte car elle est cette chance de se situer dans un couloir civilisationnel ( beaucoup de courants d'air là bas) , les conquérants arabes ont bien sur débarqué (ou comme avait rappelé Dennis Hopper à la face du chef de la mafia Walken dans la scène mythique de True Romance de Tony Scott : " mais les siciliens ont été procrées par des nègres, ... car les Maures qui ont conquis l’île ben c'est des nègres et les Maures ont tellement baisé avec les siciliennes qu'ils ont changé la face de l’île à tout jamais." et le père Hopper finissait sa tirade avec un sentencieux : "tes ancêtres étaient des nègres.")
Les Maltais voisins de la Sicile parlent un sabir proche des dialectes algérois et tunisois , et mook n'est à priori que la retranscription de mok (avec le possessif signalé par le " K " placé en suffixe comme dans toute langue sémitique (chamito-sémitique ou afro-asiatique pour ne pas donner gage aux mythes bibliques) et ça donne le rugueux "ta mère !" et plus généralement dans le parler algérois, ça réduit souvent à insulter son prochain comme pour dire "ta mère la pute" on dit donc pour abréger : "ou mok (? أو موك  / et ta mère ?) 


La preuve par l'image : ou comment atteindre l'honneur d'un Sicilien ou d'un Corse ou d'un Algérien etc... , traitez sa mère de pute et vous verrez, castagne assurée...


dimanche 11 novembre 2012

Tout va trop bien merci

Pour ceux que ça intéresse  en voilà un blog sans fioritures réglant le compte aux nombreux copinages et petites corruptions qui minent le paysage médiatique lutécien , la blogueuse se contentant de dévoiler dans des petits billets courts et tranchants les petites manies des oligarques médiatiques parisiens.
la critique des médias ( à l'origine de ce mouvement d'évaluation et de contestation de la pratique journalistique dans les pourtant démocraties libérales occidentales :  les deux animateurs en chef Chomsky aux US et Bourdieu en France) devrait atterrir chez nous, car le paysage algérois est moche à souhait question bounga bounga entre médias et pouvoirs ( tiens, par exemple, dans mes souvenirs, on pourrait donc soupçonner certaines collusions entre " amis",  ça avait provoqué en mois rien qu'un de ces soupirs résignés en ayant parcouru dans le placard culturel d'un canard national " culturellement" homogène  Liberté " je te chérie " l'article dithyrambique ( voici le lien vers l'article : http://www.djazairess.com/fr/liberte/122741) de Abrous Outoudert - rien de moins que le directeur de publication du journal -  brossant donc une synthèse élogieuse du dernier roman brillantissime de l'écrivain Hamid Grine  accessoirement faiseur de riches : vous savez, ces fameux journalistes-actionnaires de la majorité des quotidiens qui alourdissent inutilement les étals des buralistes -  pour rappel, Grine est ce puissant directeur marketing d'un puissant groupe de télécoms, un des plus gros annonceurs garantissant la liberté éditoriale chez Liberté et Cie brrrrr... 
qui donc pour les surveiller? ou du moins, pointer du doigt quelques unes de leurs errances, des petits égarements, la tentation est forte quand on se vante d'être le quatrième pouvoir !
bon ben, voilà quoi, vous voilà prévenus, vous savez ce qui vous reste à faire !

mercredi 7 novembre 2012

Sous l'eau, les algues



en vue de raviver la flamme de la poésie dans notre éternel foutoir, en voici un textaillon; il date un peu ( couché probablement entre 2002 et 2004) lu dans la petite salle de l'opéra de Lyon en 2007, j'en avais fait quelque chose d'orageux et de wellesien, un moment menaçant et gothique. J'ai ressenti les vibrations de la centaine de gens présents dans la salle, et j'ai même pas été chercher les remerciements, non mais ! 













Algueraie épique[1]

Pays perdu des amitiés déçues
Filaments des âmes hébétées

Lueurs des possibilités de l’humain
Découvrant le creux abyssal du dedans
Défaites des pensées, défaites de la parole
Sourds-muets aux enjeux tueurs
Amertume enveloppant l’algueraie Malade
Outragée champ de mines de bactéries
Insufflant aux salades de mer chlorophylle
Le poison latent du confort mondial
Des joies de caddies emplis
Des bermudas frappés de marques de la liberté
Des pantalons pêcheurs ne sachant pêcher
S’épanouissant qu’ils disent aux bras de la fée enveloppante
Celle qui finira par empoisonner toute l’algueraie
Finissant par la putréfier, la pourrir
Champ des puanteurs, mer nauséabonde
Les estivants englués dans la marée, devenue égout
Ragoûtants pour les mouches à merde
Étrons humains errant dans la plage abominée
Épopée des fuyards frelatés, maman ! Papa ! Où êtes vous ?
Ils ne sont plus, ils s’en vont mourir une vingt cinquième fois
Ils s’en vont rejoindre les empuantissements d’un passé benne à ordure
Quoi, des vacances ? tu n’y penses pas
I sont pas près de me revoir, ni eux ni elle
Crois tu que tu te bouteras hors de l’algueraie
Crois tu que tu décocheras la flèche qui t’arrachera d’elle
Crois-tu à l’épanouissement dans les bras de la première venue
Crois-tu à l’épanouissement en lavant les latrines des barrières de corail
Crois-tu t’en sortir en jouant au grand frère auprès des jeunes pousses d’algues
Crois tu réussir en donnant la leçon aux petits pousses de corail
Crois tu t’arracher à l’algueraie
Sache que l’algueraie est une de ces pieuvres aux terminaisons incertaines
Aux tentacules de la longueur de l’amertume
Elle a de la mémoire mon pauv’ gars, l’amertume giclant
De l’ancre noir s’encastrant en toi, dans le fil des lignes
Dans le fil des livres que tu liras
Dans le but avoué de t’instruire
Elles ne renverront, hélas que l’amertume
L’encre noire des lignes se diluera de nouveau
Sautera à ton coup, à ton visage
Te rappelleront au doux souvenir de l’algueraie
Au doux souvenir mortuaire
A l’amertume des remords démultipliés
Des abîmes surgissant du sol des amitiés fausses
Des sourires forcés de la forêt d’algues
Nous sommes une forêt dispersée par la seule grâce des tentacules
Tentacules actionnés par la centrifugeuse centrale
Te catapultant après t’avoir fait vomir
Vomir de dégoût pour l’algueraie
De haine pour la confrérie chlorophylle
Le cycle de vie de Krebs tu t’en fous maintenant
Tu es en phase de tournoiement, de centrifugation
Attends tu ton tour, frère pour l’expulsion finale
Attendu que ton cas fût classé, casé, tu seras expulsé dans les meilleurs délais
On t’implantera un circuit intégré dit du réflexe canin qu’on appellera épanouissement
La plante finira par essaimer en nouvelle algueraie dira-t-on
Elle finira par s’émanciper en nouvelle colonie,
Mais avant, elle devra haïr sa colonie originelle
Non haïr mais cracher dessus, de l’encre, il en va sans dire
Jetant son encre dans les rivages d’un nouvel océan
C’est ce qui est consigné dans la puce
La vérité est toute autre…
Le poison des origines finira par se diffuser en toi
Réglant ton compte, non en te trucidant
Mais te fera souffrir plus de cent ans
Tu auras du mal même à marcher
Empoigner les portes du foyer
S’adresser à la foule pour chemin frayé
Parce que la fin, Balbutiant les idiomes d’un passé enterré,
Le bilinguisme dont tu rêvais, est enfin apparu mais vers la fin
Vers la fin des instants qui durent, le système de santé est puissant
Les médicaments assistant ta décrépitude n’en finissent pas de t’assassiner
Te voir mourir à petit feu, à toute petite lueur, à trop petite lueur
Finira presque par oublier la langue des soigneurs
Manquera de te faire tuer pour cette fois
Mais les interprètes sont ici par milliers
C’est bien la colonie que tu as essaimée
Maudite colonie, mais que faites vous ?
Pourquoi m’assistez-vous bon sang ?
Allez vous en, rentrez chez vous !!
Qui vous a dit de rester ?
Mais papa radote en quelle langue
Papa délire parfois dans l’idiolecte de l’algueraie originelle
Papa est fatigué et doit se reposer
Papa doit dormir, papa doit se faire faire une piqûre
Papa m’entends tu ?
Un peu que je t’entends mon enfant
Mais dit moi, tu es devenu sourd ou quoi ?
Hein, dis moi, pourquoi ne rentres tu pas en algueraie
Pourquoi ?
Fais en sorte que tu puisses rentrer au plus vite dans l’algueraie
Le grand avait pour habitude d’entendre parler son vieux
Parler cette linga-franca du passé, mélange, sabir intelligible
Pour les seules pousses d’algues dites originelles
Aah, laissez moi l’entendre, il nous parle du fond de ses pensées
Du fond philosophique de son enfance, qui mieux qu’un enfant
Qui mieux qu’un mioche pour nous éclairer avec la plus saine des téléologies
Le vieux nous dit d’entrer, ou de rentrer
Rentrer mais ou, puisqu’on est jamais sorti nulle part
Ben, oui ; à part le carrefour-fnac du coin, j’vois pas, non clame une des pousses les plus minables
Il nous dit de rentrer à la maison, à l’algueraie, il nous dit que vos racines sont là bas
Que même s’il aime pas trop les racines – peu ragoûtantes – faites le pour lui
Que pourrions-nous lui dire ?
Il ne le sait pas
Non, il ne le saura pas
Ça précipitera son diagnostic vital
Ça rendra son cortex plus mou, plus sénile, ça sera horrible à voir
Ça sera terrible pour nous, spectacle vomitif
On ne pourra le supporter, il sera encré dans nos mémoires
On finira par avoir des remords, des regrets, de l’amertume
Oui on ne pourra lui dire que l’algueraie a fini par s’étouffer
S’étouffer dans son plasma d’amertume
A fini par la phagocyter
Le moteur centrifugeuse central a fini par tournoyer
Car il n’y avait plus de pousses à projeter
Il n’y avait plus de carburants – d’autres pousses enfournées, les moins chanceuses –
Il n’y avait plus d’expulsion due aux forces centrifuges
A fini telle une géante rouge, finit par gober tout ce qu’elle avait à gober
Finissant par imploser par son propre poids
Dis lui qu’ils ont pu recueillir un peu des effluves de la grosse
Oui rien qu’un peu de pus, un centre purulent, petite centrifugeuse
Miniature, dégaine de naine blanche
Rigolote mais pas trop, car elle pue somptueusement.

Boue algueraie amertume. 
le poète et sa mitraillette



[1] : Poème écrit, façonné par le clair de lune de Ludwig.


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mardi 6 novembre 2012

Un fermier en ville

à écouter la nuit venue, c'est à dire, vers 3 heures du mat
il entend clamer la pluie,
surgit la voix de Scott Walker
TILT, on vous dit
















Tilt est un album de Scott Walker sorti en 1995 ( selon mon Winamp).

dimanche 4 novembre 2012

du statut de l'Algérien




Oui, je me suis fait une réflexion expresse avec un pote l'aut'jour via skype; lors de la visite de Hillary ( vous savez, la vieille de Cliton et accessoirement copine de BHL lors du pique-nique de Benghazi) à Alger pour faire le brin de causette avec le vieux moribond en chef. Elle lui a donc demandé de s'engager, enfin, d'engager les forces pour aller nous mater ces barbus du sud de l'ahaggar ( lesquels, selon LA source sécuritaire dûment accréditée , ont souillé la pureté de ce massif granitique d'un autre temps) qui font un peu désordre dans le dessin des frontières imaginées par madam' la france quand elle a bien voulu découper l’Afrique de l'ouest ( qui reste sa chasse gardée hormis bien sur le fier Naydgiria.)

Donc voilà que je sens mes oreilles tiltant d’intérêt quand j’intercepte les infos matinales de France Culture ( station radio pour intellos bloqués à l'ère des sartre & beauvoir), la dame des infos ( on va pas dire journaliste, c'est pas le cas) nous dit après le passage banal de hillary à Alger pour demander à l’Algérie un engagement certain dans la guerre contre les salauds d'allumés de la charia tout en bas de la carte ) elle finira par accoucher de l'info qui tue comme pour se rendre coupable d'une nouvelle périphrase, retenez donc ceci : l’Algérie - qui possède l'armée la plus puissante du Sahel - " ! tssss !!

Comme dirait un de ces normaliens producteurs présentateurs de France culture, y a comme un changement de paradigme dans l'air : l’Algérie bekri c'était le yaouled et son kit de brosse à reluire dans les rues d’Alger , c'est le sac tati bien rempli prêt à charger dans la bagnole en partance pour le ferry le Hoggar ( encore lui ?!) direction le bled via la 49e wilaya, ou bien c'est le vendeur à la sauvette de Barbés ou bien l'alcoolique kabyle au sortir d'un bistrot dans le coin le plus blafard du 18e ( bistrot le Soummam, rue d’Aubervilliers, très pittoresque !) si si , l'Algérien aujourd'hui a une autre image, on lui collera toujours dorénavant au cul ou au front : " mais vous avez l'armée la plus puissante du , euh , du , euuh, enfin, de la ... région , non ?" et l'autre de répondre : " enfin oui, c'est ce qui se dit, on nous a vendu des lunettes infrarouges parait il mais on nous a interdit d'importer les super ordinateurs de peur d'exploiter la bécane pour fabriquer la bombe A." , rien que ça !


SONACOTRA portrait 1

SONACOTRA portrait 2

super-flics du bled

super-gendarmes du bled

ce qui faut conclure de tout ça c'est le changement de statut, de dominé ( le Mustapha ou la fatma en guenilles, qui font trop vieux pour leur âge, la tête trop souvent baissée, arborant le rictus poli du colonisé) , ou bien de celui des émigrés économiques peuplant les foyers SONACOTRA et les bistrots de Montreuil et du 18e, habitant dans un régime symbolique de semi-clandestinité dans une France qui travaille et qui commence à peine à chômer - après la hausse du baril datant de 1973 -  mais qui ne les voit pas, aujourd'hui l'Algérien peut enfin faire peur, il possède l'armée la plus puissante du Sahel ( ceci dit en arabe ça voudra dire , qu'elle domine la côte sud de la méditerranée tout court, ce qui fait se rapprocher le danger, brrrrrr !! )

En tout cas, ça augure mal; la dernière fois qu'on a dit d'un pays qu'il possédait une puissante armée régionalement parlant, on lui a balancé toute la sauce sur la gueule, c'était shoot'em up la nuit tombée pendant 20 jours minimum ( cf. irak, libye, syrie, etc.) 

dimanche 28 octobre 2012

à cinquante ans près #2

à une ou deux années près? ( on ne sait plus, le temps coule trop vite ) , il aurait dû contempler les deux photos posées côte à côte et admirer ainsi le chemin parcouru...
Bravo à ND , même si le doute subsiste, le visage ayant enflé depuis; il s'agit - selon des sources Flickr -  de Ali Tounsi.
Tout  comme Ben Bella, et quelques autres "historiques" ( Salah Boubnider, Pierre Chaulet, Abdelhamid Mehri), il ne pourra être présent aux festivités dites du cinquantenaire ( qu'on fêtera en 2013, histoire de faire la fête jusqu'en 2015 comme l'avait approuvé Khalida Toumi ministre fêtarde qui a quand même déclaré à la presse que l'Algérie, nation souveraine ( bababaa) fêterai comme elle l'entendrai ses propres fêtes nationales soit la date exacte à laquelle on rajoutera douze mois de farces télévisuelles, colloques scientifiquement fumistes et banquets à volonté.
Quant à Ali Tounsi, il n'a donc pas pu assister aux fêtes du cinquantenaire à cause d'une petite querelle de famille.



vendredi 26 octobre 2012

le barbu et le touareg

Rassemblement de 4 X 4 devant la mosquée de quartier


Non, j'allais pas vous parler de l'Azawad ( l’espèce de nouvel état mort-né autoproclamé au nord Mali), faut avoir le courage de Salima Tlemçani pour ça ( la journaliste du Watan qui cartonne tous les jours, on dit à son sujet qu'elle  possède le monopole de l'information dite sécuritaire! ya babaaa, c'est pour ça qu'el Watan est lu pour ce qu'il est : le journal préféré des diplomates et des attachés militaires des ambassades créditées dans la proliférante banane au petit déjeuner. Toutes les " tendances" y cohabitent joyeusement depuis un peu plus de vingt ans ( un actionnariat parmi les plus prospères, on peut donc jouer les opposants de surface et être milliardaire pour de vrai, un miracle quoi ! ) )
C'est bien connu, après avoir bouffé du barbu dans les nineties ( d'une part, la diabolisation symbolique et de l'autre une élimination physique) après le nine eleven, après les attentats de Madrid, Londres, Paris, euh, Sanaa, euh Nairobi, la liste est longuissime...

Amma baad

Les barbus ( moi, j'ai proposé de leur redonner un peu de dignité en les identifiant comme des musulmans orthodoxes: ils sont à la fois très pieux. tenez, par exemple, ils sont très contents de l'arrivée du Ramadan  ce qui n'est visiblement pas le cas de tous le  monde - surtout les soiffards d'Alger qui grognent, ils sillonnent en meutes les ruelles du centre à la recherche du dernier tripot ouvert avant la fermeture saisonnière  chaque trente chaabane c'est le même manège dans les débits de la ville ! - ;
les barbus eux, sont rentrés dans le rang, dix ans barakat semblent proclamer les plus déterminés d'entre eux , certains se dispersent dans toute l’Europe ( je sais pas, au choix, Vaux-en-Velin près de Lyon, finsbury park à London, le CERN à ge'nèève) d'autres reviennent au pays ou ne se sont jamais exilés ( font profil bas : rasage de barbe entre 93 et 2002, à mettre sur le compte de cette voix rugissant du tréfonds qui parcourt un corps glacé par la peur bleue et ... kakie)

bam, retour au fait religieux dans le corps social, mais entre temps, on a déménagé, on s'est mariés avec ben't lehlal ( femme de bonne famille) et on a prospéré ( beaucoup de commerçants, mais là on fait dans la sociologie même pas spontanée, c'est de la simple observation dans les rues de l'hydre algéroise, des barbus dodus et bien nourris se livrant à un concours de la plus grosse bedaine en devanture de leurs boutiques. )

Sinon on pourrait aisément surprendre l'un d'eux évoquant à satiété la litanie des aléas liés au trajet domicile mosquée : " vous savez,  j'habite loin de la maisonnée originelle, c'était, vous savez et je vous raconte pas des histoires, je l'ai vécu, c'était un fief labellisé FIS garanti 100 pour cent salaf ' ( dressage d'un camp de tentes en juin 91 ; prêches des plus endiablés, appel au djihad par les armes au cas ou on nous volait la victoire, dont acte quoi !) ce ne sont plus, comme c'était le cas pendant l'age d'or les cohortes brillantes des physiciens quantiques ni les médecins. Les frères (ikhwa) on les appelait alors respectueusement ( parfois avec l'appréhension de ceux qui cultivent la séparation des castes, on ne voit pas, on ne comprend pas !)  les frères musulmans qui ne sont pas vraiment Egyptiens ( parce que frère dans l'acception locale, c'est le pote, celui qui portait assistance, celui à qui on avouait que le soir venu on était sous la coupe sournoise  de manifestations humorales plus que suspectes, des fuites nocturnes pas banales qui mettent à mal la blancheur éclatante des draps jusqu'alors enfantins, le matin, c'est pas possible trop la honte; Dieu nous attendra au tournant au prochain épanchement  !  ) ou bien quand on a fini de mener des raids piétons en ville, on pouvait entendre " un intellectuel francisant " parler des Pneus hideux qu'il a aperçus le matin au marché : " ils sont sales avec leurs barbes, on dirait un pneu de loin, ben quoi ?!".  Ces rumeurs nous parvenaient de l’intelligentsia " démocrate " ( qui, bientôt sera spécialisée dans l'éradication, des battues seront organisées un peu partout, pour leur unique plaisir.)
donc, pour y aller faudra emprunter les routes de Draria, el Achour Baba Hassen, Oued Romane, je sais pas, Sebbala, Saoula, Birkhadem, tout le sahel mâtiné d'un peu de plaine mitidjienne mangée par les opérations de relogement de type AADL abritant cette  nouvelle classe moyenne nourrie par le baril à 100 dollars de moyenne ( une tendance lourde observée depuis l'accession au pouvoir du chanceux Boutef ! )



Donc oui, ils préfèrent enfourcher leur SUV leur quatre fois quatre rutilants allemands de surcroît ( aah, le Hoggar, ce rêve à portée de volant) faire de la route pour rallier la mosquée promise ( holy mosque, celle où l'on a lu le coran après le dernier cours d'arabe ( celui assommant, entre 15h30 et 17h30 dans lequel on s'appliquait à faire les bouhours, analyser et typifier l’hexamètre d'un poème datant du deuxième siècle de l'hégire, rien que ça  ), les dourouss quoi !) celle ou l'on a fait du compagnonnage idéologique étant gamins (  être gamin, c'est entre 17 et 25 ans en Algérie , faut pas chier) celle ou il semblerait qu'on ait eu à tourner un peu casaque quand on a fait campagne pour ce cheikh Nahnah un peu diabolique par le regard, un brin ironique, un barbu rusé et bien blasé, pas très radical quoi , c'était en 97, le Hamas  c'était pour calmer les ardeurs des gamins qui ont trop peu connu l'age d'or de l'islamisme politique y a din errab ! ( alias Belhadj, le vieux petit rouquin de la colonne dont j'ai oublié le nom et bien sur le martyr Hachani, mort comme un grand parrain de la mafia new-yorkaise, après sa sortie de prison, il a du se faire cuisiner, le cheikh , hein ?! )
donc voilà ; et la foi dans tout ça ?
les gros quatre roues motrice à double boite se rassemblent dorénavant devant les mosquées, avant on avait droit aux marées d'humains...
le bon gros à barbe affublé du 4X4 pour se tenir éloigné du péché vous dira : " je mets le coran à fond pendant le trajet, hakka' nneskha ( sur la tête du livre sacré) !!
amen,

mercredi 24 octobre 2012

à cinquante ans près


Revoilà la rubrique qui a pour objet de dévoiler les ravages du temps , le jeu consiste à deviner de qui il s'agit, dans la photo dite de l'avant, les indices sont nombreux, c'est la liesse dans la capitale du nouvel Etat indépendant, des militaires paradent et l'un d'eux nous fait le regard caméra qui tue, glaçant ! 
la photo est prise * avec un film kodachrome, rien à dire, fabulous, le document est historique ! 
ça sent le chef avec des yeux aussi perçants ! brrrr
Alors, de qui s'agit-il ? 
pour répondre, il vous faut commenter !
On vous donne une semaine !
C'est comme s'il  vous demandait de l'identifier

(*) Photo prise par Jean-Paul Margnac.

lundi 22 octobre 2012

La guerre des Maillot

Erratum :  à propos de l’hôpital Maillot 


Il n'y a pas de meilleure confession que celle qui tire son origine d'un confesseur qui s'accorde le droit à une introspection fut-elle intime sur des faits sans importance, des petits riens de la vie ( ça passe par de l'auto-réflexivité , de la critique de soi permanente dans un souci de sincérité et de quête de sens) et qui s'emploie à s'éviter les affres de la révélation et de la contradiction publiques. en conséquence, il s'agit de confesser une faute qui demeure confinée à un cercle restreint, autant dire, à notre personne parcourue par des faisceaux d'idées reçues tels des astéroïdes qui bombardent des dinosaures paissant tranquillement sur le pré jurassique. 
Voilà donc qu'un jour je suis passé par Bab-El-Oued (c'est toujours particulier de passer du côté de BEO, j'ai toujours ressenti que le turbulent secteur était un village d'irréductibles se signalant par leur indépendance d'esprit et un fort ancrage à cet espèce de delta urbanisé de l'oued M'ghessel, affichant un mépris pour la condescendante Alger, la ville, plus au sud là, au détour de la colline bombée accueillant la vieille médina, on y reviendra),
j'ai dû jeter quelqu'un chez lui à la lisière du quartier abrupt de Santodji, je rebrousse chemin pour emprunter la route en direction du Frais Vallon et quelle était ma surprise lorsque je découvre la pancarte de l’hôpital Maillot rebaptisé Hôpital Dr Lamine Debaghine ( médecin tendance messaliste et  membre du GPRA ), parce que oui, coïncidence oblige, je me documentais, à l'époque, sur l'aspirant de réserve Maillot pour le boulot,  Maillot ( de son prénom Henri) était ce héros de la guerre d'indépendance algérienne, il était un jeune officier pied noir originaire d'Alger de sensibilité communiste et anticolonialiste qui a détourné, lors d'une opération très audacieuse à l'intérieur même d'une caserne, une cargaison d'armes au profit du maquis de l'Ouarsenis, assassiné en détention dû assez probablement à un coup de sang d'un de ses geôliers qui avait en face de lui un Maillot qui continuait vaillamment à proclamer son désir de voir s'accomplir  l'indépendance de l'Algérie !)
à gauche le docteur Maillot, à sa droite l'aspirant de réserve Henri Maillot




je m'en suis un peu pris à cet Etat qui réécrit les faits à sa guise lors d'une séance dédicace au sein de laquelle s’époumonaient une majorité de petits vieux bienveillants et quelques vieilles moudjahidates sympathiques,  c'est comme si j'avais porté des accusations graves qui donnaient à penser que l'Etat n'aimait visiblement pas trop étaler les héros qui soient pas de la bonne extraction communautaire, il reste encore un Maurice Audin bien placé mais pour combien de temps encore ? ( sinon, nulle trace de Fernand Yveton, Daniel Timsit, Jean Paul Sartre, Bernard Henri Levy ou Henri Jeanson ) ? 
le maigre auditoire s'est mis à grogner, certains s'imaginaient déjà faire un peu de bruit devant le portail de  l’hôpital;  fallait faire quelque chose, merde !


Donc voilà, toute cette indignation  a débouché sur une impasse puisqu'il y a quelques jours, ayant  trouvé la trace d'un homonyme, j'effectuais des recherches sur la ville de Mcheddallah ( ex : Maillot) ce Maillot était bien différent de l'Henri maillot mort pour l'indépendance algérienne, non; il s'agit d'un médecin militaire qui a officié un temps pendant les guerres de conquête de l'Algérie, du coté de Annaba, a réfléchi sur la meilleure façon de combattre le malaria qui décimait les soldats de l'armée d'invasion; devenu celebre apres avoir découvert les propriétés curatrices de la quinine.  la troisième république lui avait rendu hommage, on a décidé de baptiser en divers lieux du nouveau territoire conquis ;  parmi les plus importants demeure le nouveau centre de colonisation de Maillot (le gros bourg de Mchedallah aujourd'hui se situant à 60 kilomètres à l'est de Bouira sur un des gros affluents de la Soummam dans le sud Djurdjura) , on a également donné le nom à l'hopital militaire de Bab-El-Oued, voilà donc.

après, c'est à se demander pourquoi les autorités algériennes ont attendu cinquante ans avant de déboulonner ce Cavaignac des toubibs ?
mais on a encore fait fausse route, sur des photos, on peut bien entendu voir les vilaines grosses plaques au dessus du portail de l’Hôpital indiquant un simple " CHU de Bab-El-Oued" auquel on rajoutera plus tard une inscription juste en dessous et en arabe donnant le nom  du docteur Debaghine
L’Hôpital Maillot avant






étape intermédiaire : concurrence des plaques : Debaghine  se trouve en dessous de Bab el Oued


l’Hôpital, de nos jours, renommé  "Mohamed Lamine Debaghine" 


pour aller plus loin dans l'enquête il faudrait également évoquer l'excellente étude de Nedjma Abdelfettah ( Historienne de formation qui travaillait en tant que bibliothécaire au CCF d'Alger décédée trop tôt, elle avait encore beaucoup à offrir, autrement ça en dit long sur la minable fac d'histoire qui n'a pas pensé à lui donner une chaire rien que pour avoir commis cette étude parfaite !) ,dans un excellente communication dont le texte sera publié dans les actes du colloque "Alger, lumière sur la ville" organisé en 2001 à l'école d'architecture d'Alger ( EPAU) ou elle y décrit savamment les transformations toponymiques en Algérie et plus particulièrement le cas de la ville d'Alger, la cité étant très riche en basculements toponymiques, la chercheuse fait la lumière sur les différentes campagnes de débaptisation rebaptisation des noms des lieux et des rues de la ville.
d'après l'historienne, les opérations de rebaptisation ont commencé , au coeur des années soixante, dans un élan probablement spontané, les Kasmas ( cellules politiques )du FLN ont formé des commissions en vue   bien sur de nettoyer Alger des plaques de rue gorgées de généraux d'empire et autres joyeusetés militaro-franchouillardes mais également dans un souci de réappropriation des lieux. à ce titre, l'historienne découvre qu'on donnait des noms de rue à des combattants inconnus qui n'étaient pas les grandes figures du FLN/ALN; ce sont des combattants anonymes mais surtout des gens du cru, tous enfants des quartiers d'Alger appelés à être baptisés de leurs noms;  je la cite :
"mais ce qui nous semble intéressant, c'est la présence très consciente de l'idée d'appropriation du lieu par celui dont le nom sert à baptiser tel ou tel lieu. les morts sont invités à continuer à vivre parmi les vivants, mieux encore à demeurer chez eux. a tel point, que les ouled el houma sont la priorité absolue et qu'à cette epoque surtout, on n'est que rarement dans le registre du culte des grands hommes ou des heros d'exception..."
Ils se sont employé à faire revivre la mémoire de tous " les frères et soeurs" tombés sous les balles de l'ennemi, ils s'attachaient à rebaptiser les rues de chaque quartier d'un combattant oulid l'houma tombé au champ d'honneur , un Didouche Mourad est l'exemple même du combattant algérois dont le souvenir hante encore ouled houmtou du quartier du boulevard des martyrs ( ex la redoute autour du boulevard Bru)  y en a d'autres ; Cherif Debbih, Taleb Abderrahmane, Ourida Meddad etc.

cependant, chez l’écrasante majorité des gens, l’hôpital s'appelle encore Maillot, sans contestation aucune, ce qui a très certainement poussé les autorités compétentes à se décider à renommer l'établissement en se débarrassant de la dénomination trop vague et pas assez sentimentale d'Hôpital de Bab-el-Oued" ( qui avait remplacé l'appellation hopital Maillot)
ainsi, dans l'apparent souci d'enterrer définitivement le docteur Maillot, on a préfèré réinjecter de l'humain dans la pancarte : ça sera forcément une personnalité liée à la guerre de libération d'une part, et à la médecine d'autre part.   le docteur Mohamed Lamine Debaghine remplissant les deux conditions , il est ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement du pharmacien Ferhat Abbas ( comme quoi, le gouvernement de l'époque était de coloration très "bio-médical" ) ;  dans un même ordre d'idée, Mourad Didouche a enterré durablement Michelet; Isly résiste encore un peu mais une majorité aujourd'hui utilise le nom de Larbi ben M'hidi ( ce retard est  à mettre sur le compte de la lente désagrégation de l'artère commerçante entre les années 80 et début 2000 au profit de la toute puissante Didouche) 

la situation aurait été cocasse si  les gars de la commission ont eu à penser; comme nous, qu'il s'agissait du "bon" Maillot affiché sur la plaque de l'entrée de l’hôpital  on va encore dire qu'ils étaient à coté de la plaque, ou bien ils sont tombés dans le panneau des aventures toponymes...

jeudi 18 octobre 2012

de deux choses l'une

Le djihad, c'est qu'il est bien ou c'est qu'il est mal ? 



On inaugure une rubrique qui est chère à mon coeur et que vous pouvez, vous autres commentateurs oisifs, enrichir le label vigilance en proposant des spécimens de media-mensonges ( chez nous et ailleurs) 

Dans la série, le journal Le Monde se fout royalement de notre gueule, voici là un exemple qui pourrait vous parler :


" Un avocat pénaliste parisien, connu pour son combat pour la cause juive, membre du CRIF, faisait partie des cibles de la cellule islamiste présumée démantelée il y a dix jours en France, selon une information de la radio RTL mardi 16 octobre. Les autorités ont mis en place un dispositif de surveillance aux abords de son cabinet."
(source : lemonde.fr)

Le lien donc :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/10/16/cellule-demantelee-un-avocat-militant-de-la-cause-juive-etait-vise_1775945_3224.html


Info tombée le 16 octobre, on apprend donc que suite au démantèlement de la cellule islamiste terroriste à Strasbourg, les activistes voulaient assassiner un avocat du CRIF , notez la mention "un avocat de la cause juive " ! ça ne vous rappelle pas le jargon usé par la rue arabe pour évoquer la mythique Cause ( al-qadhiyya) la cause qui lui est symétriquement opposée : la Cause avec un grand c, la palestinienne bien sûr).

Plus loin dans le papier du quotidien vespéral , les terroristes présumés voulaient organiser des départs en Syrie pour le djihad !!

" Douze personnes avaient été interpellées le 6 octobre dans les milieux islamistes dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Sarcelles. Cinq personnes ont été relâchées. Pour le procureur de la République de Paris, il s'agit du"démantèlement d'un groupe terroriste qui est probablement le plus dangereux mis au jour depuis 1996 en France". Un premier volet de l'enquête se concentre sur l'attaque de Sarcelles, un second concerne une filière de recrutement de candidats au djihad, notamment pour la Syrie." 


Imaginons un seul instant que je bosse en tant communicant ou bien consultant de ladite cellule, j'aurais certainement alerté les djihadistes de l'incohérence à mener ces deux actions ( à moins de changer brutalement de corpus idéologique en un rien de temps !), on ne peut pas décemment supprimer un avocat sioniste parisien et mener le djihad contre les forces d'El Assad ( au profit de l'axe occidentalo-israélien, ce n'est pas la peine de s'étendre sur les parties fines de ce conflit préfabriqué) lequel est partisan déclaré du hizbollah seul mouvement de résistance réellement opérationnel contre Israël dans la région. 

Il reste à noter qu'en ce moment, le djihad en Syrie est fortement et chaleureusement soutenu par les Etats tels que la Turquie, la France, le Royaume Uni, les USA,Qatar et l'Arabie des Saoud 

m'enfin, on pourra toujours dire que les voies du djihad en faction sont impénétrables !



mardi 16 octobre 2012

Irishman in New York

queue ça fasse-bander, Amen


Revu des scènes de Shame de Steve Mcqueen, je voulais dans un premier temps chroniquer le second film de l'artiste contemporain mondialisé ( il vit entre Londres et New York, il expose entre Paris et Tokyo, son travail est une réflexion complexe sur un monde déchiré par ses propres contradictions blablabla) mais non, j'ai préféré vous montrer deux captures d'une séquence forte, le manieur de bite Fassbender tombe enfin amoureux, lui, l’obsédé révulsé par lui même assez typique de la chair triste bien connue de certains réal ouvertement homos ( faut le dire, la plupart des "contacts" hommes femmes dans le film offrent un spectacle assez glaçant certains diront mortifère) le héros est falling in love avec sa collègue de bureau, une femme noire ; il l’emmène dans sa garçonnière avec chambre sur vue imprenable sur l'east river et les docks de la grosse pomme ( ptet hein, c'est ptet Brooklyn en face) 
ils se dessapent, ils se bouffent littéralement, ben non, il bande pas, le monsieur est grave, le canasson est blessé, il prie la naïade de partir ( cas de racisme ? ) c'est ce qu'on va voir,
parce que la séquence qui survient juste après ( y a cas flagrant de préméditation monsieur mcqueen ça doit être dans le script) , il reprend intensivement ce pourquoi on l'a engagé dans le film, une machine à baiser ou à plutot à trouver tout objet troué occasionnant le coulissage de sa chose ( un morceau de foie, peut être ? ) mais là elle est blanche type wasp ou même peut être retour aux sources gaéliques, mince, elle a la beauté irlandaise,
Mais nous ne saurons rien de ce cas de racisme étouffé toute honte bue ( l'autre explication n'est pas plus excitante ni novatrice, elle  serait le fait qu'un sex addict ne puisse assumer du sentiment amoureux),
 car dans le film moderne mondialisé ou plutôt le film d'auteur mondialisé, il n'y a pas de place pour l'explication, tout doit être "sensitive" aucune pédagogie ne doit être de mise, au spectateur de travailler, de faire son propre film, à ce rythme là, on pourrait écrire une tonne d'histoires donnant lieu à la fameuse suite de tableaux composés avec le soin d'un peintre néerlandais du 17e ( et non pas une mise en lien dialectique  des composants autrement plus fructueuse dans les films qui nous intéressent) qui s'avère être qu'une simple association des tableaux qui n'a pas grand chose à signifier incapable à faire cracher le morceaux à ce début du siècle...
le maître mot le voilà : c'est l'expérience sensorielle, tu sais quand ça se veut  sérieux, comme lors d'une séquence sans parlote, tout passe par le silence ou bien par les gloussements dans pareil cas, passer outre les mots, un cinéma qui ne croirait plus en ses propres moyens ( image et sons) faut approfondir ça !
on y reviendra...


screenshot 1 : bandemou avec la femme noire 



screenshot 2 : retrouvant de la vigueur avec la blonde du coin




parce que la fin du film est de cet acabit et se joue comme un court métrage autonome du reste. Le dispositif mis en place est assez affligeant : une cascade de scènes symptomatique de l'enflure d'un réalisateur ne sachant quoi faire dans le final,  un peu de rédemption et des pleurnicheries dans la froide matinée d'un mois de novembre nord-américain avec en prime sa soirée de baises alternatives en tout genre ( au choix, on a droit à la séquence du backroom gay qui se veut être une expérience initiatique/cathartique dans le genre de l’hétéro qui éprouverait les limites de la discipline ou bien la séquence de triolisme). Le tout dominé par cette musique de violon tristement grave  ( le passage du temps aidant, on se souviendra que du violon, autrement dit, on a vite  oublié la suite d'images arty chic de gros plans de coïts filmés en filtres jaunies ou bleutés)
sinon pour se montrer plus constructif, cette séquence de nuit est à  mettre en parallèle avec la soirée initiatique de Tom Cruise dans eyes wide shut qui est autrement plus subtile, autrement plus signifiante.

"Shame" de Steve McQueen (2011) durée : 99 mn, format scope couleurs avec Michael Fassbender et Carey Mulligan.